éthologie 6

Ethologie 6

 
Introduction

Il y a un an, un ami a rejeté notre dernier texte éthologique parce qu'il estimait que la science sur laquelle il s'appuyait était mal fondée. Tacitement nous avons décidé que nous ne lui répondrons qu'au bout d'un an afin de lui donner entière satisfaction.

Notre ami souhaite une définition épistémologique de l'éthologie humaine. Hélas, il faudra qu'il attende que d'autres s'en mêlent. D'une part nous avons trop de choses à dire et le champ est tellement vaste qu'il faut d'abord écrire avant de dire pourquoi et comment on le fait. D'autre part, nous n'avons suivi aucun cursus universitaire en Sciences de la Vie qui nous permettent de nous y livrer. Nous disons ce que nous voyons et d'autres en feront la théorie. Après tout l'évangile a été écrite avant que ne naissent les théologiens qui s'en sont ensuite emparés. Et ce ne sont pas les traités érudits que l'on présente à la population. Les écrivains écrivent laissant les critiques faire leur travail.


A) Cheminement.

Année 2000 - Jared Diamond.

2000, c'est l'année de la parution chez Gallimard du livre de Jared Diamond , "De l'inégalité parmi les sociétés" très tendancieuse traduction du titre anglais de «Guns, Germs, and Steel» car elle est trop orientée vers les sciences humaines: Jared Diamond se situe sur le terrain anthropologique on pourrait - pour cette oeuvre-là - dire éthologique comme on le verra plus loin.
( A propos du titre français)
(Jared parle 
- de l'or ( gems / pierres précieuses) que Pizarre extorque au Grand Inca Atahualpa avant de le massacrer
- des germes (de la variole) apportés par Christophe Colomb, Hernan Cortez et Francisco Pizarro aux Amérindiens et qui en tuent des millions
- du fer ( des armures, caparaçons, épées, arquebuses et bombardes venus d'Europe) qui permet aux 168 soudards de Pizzarro d'écraser les 80 000 soldats du Grand Inca sans parler des nos deux autres "Découvreurs de l'Amérique".
Dans les grandes guerres en Europe, il n'y a pas de l'inégalité, c'est à dire des Supérieurs et des Inférieurs mais des vainqueurs et des vaincus. Le titre fausse le contenu du livre. L'Inégalité c'est ce qui permet aux colonisateurs de coloniser car un colonisateur colonise des inférieurs et il y trouve sa justification: un colonisé a besoin de son colonisateur. Un colonisé n'est pas un vaincu car ce dernier a le droit à sa revanche. Un colonisé est essentiellement inférieur. Pour Jared Diamond, les Amérindiens sont des vaincus. Pour le traducteur français, ce sont des inférieurs. On ne parle pas de la même réalité. )

La question de départ de Diamond est la suivante: "Pourquoi, le 16 novembre 1532, l'empereur Inca Atahualpa n'est-il pas en train d'écraser les Espagnols à Madrid?" mais c'est Pizarre qui à la tête de 168 espagnols le défait, le fait prisonnier puis après lui avoir extorqué 84 m3 d'or, d'argent et de pierres précieuses, le condamne au bucher alors qu'il lui avait promis la vie sauve. La démonstration est implacable mais elle est passée inaperçue en France et ailleurs.

Cette œuvre marque le début de la réflexion éthologique sur l'humain et en quelque sorte le chaînon manquant entre l'éthologie générale concernant tous les animaux et l'éthologie de l'espèce humaine. C'est la réintégration de celle-ci au sein des règnes des vivants.

Deux écueils à éviter.

Le premier est celui dans lequel Diamond est retombé comme le montre son dernier ouvrage « l'Effondrement » paru en 2005 et où il tente de définir des lois générales concernant le comportement de l'humain pour faire suite à ses travaux précédents. Mais comme il ne fait pas le saut vers l'éthologie, il s'englue dans une théorie sans lendemain et autant sa partie descriptive et historique garde tout son intérêt, autant ses concepts et ses hypothèses sont sans intérêt. Tant qu'on reste en sciences humaines, on ne peut entrer dans une description de type « sciences exactes » où les mêmes causes entraînent les mêmes effets avec la possibilité de modifier les effets si l'on modifie les causes.

Le second écueil, c'est de se tourner vers l'éthologie officielle et réductrice où l'humain est un vivant transcendant tous les autres. Dans les documents de référence de l'éthologie générale et de l'éthologie humaine actuelles, il n'y a aucune place pour le questionnement de Jared Diamond concernant le grand Inca.

Année 2006

Comme il n'y a aucun outil ni en théorie ni en concepts, nous décidons de tailler nous mêmes notre première pierre comme les humains il y un ou deux millions d'années le firent. Nous avions d'abord inventer le terme d'éthologie transcendantale ce qui aujourd'hui peut paraître une erreur car l'adjectif fait partie de l'univers philosophique et non de celui de la science, terrain sur lequel nous voulons nous situer.

Ce frêle radeau nous permet cependant de continuer notre chemin car en réalité il s'agissait de combattre et même de faire disparaître définitivement cette transcendance que les théoriciens humains accordent à l'humain par rapport à tous les vivants, plantes et animaux ou plus subtilement de la redistribuer aux uns et aux autres. Cela donne lieu à deux conférences fondatrices.

En 2005, « La matière pense-t-elle? »  se conclue de la manière suivante: « si la matière pense donc l'humain pense » permettant ainsi de remettre l'humain à sa place, toute sa place et rien que sa place. Mais alors qu'est ce que penser? Et si la matière et par voie de conséquence tous les vivants pensent, que pensent-ils donc?

En 2006, « L'arbre, mon frère » montre, d'une part, que tous les vivants ont une seule et même histoire, celle de l'évolution dont le cœur est le pilotage des vivants par l'ADN et que ce qui fait la différence entre les animaux et les plantes, le cerveau, n'a pour origine que la différence des uns et des autres à se procurer leurs ressources de vie, les premiers par autotrophie et les seconds par hétérotrophie. Le cerveau n'est nullement le siège d'une pensée mythique mais un organe dont des vivants qui ne se nourrissent pas directement de l'énergie solaire et des ressources souterraines ont besoin pour vivre. Ce mythe joue un rôle fondamentale chez les humains depuis des milliers d'années mais remis en perspective dans le temps – depuis l'apparition des vivants jusqu'à leur disparition - et dans l'espace – l'univers dont la Terre est à peine une poussière – ce mythe est lui aussi destiné à laissé la place à des concepts plus globaux et plus généraux.

Charles Darwin.

Il a été le premier sinon le plus connu des scientifiques à décrire l'unicité des vivants. Mais il est à l'éthologie humaine, ce que Newton est à la théorie de la relativité: un passage obligé mais insuffisant. Il n'est pas à l'abri d'un certain anthropocentrisme qui met l'humain au sommet du règne des vivants et il pèche en outre par un sentiment de supériorité de l'Européen par rapport aux peuples indiens. Il considère notamment les Fuégiens comme une race inférieure voire un chaînon manquant entre le singe et l'humain. 

Darwin écrit que « voyant de tels hommes, il est difficile de croire que ce sont nos semblables et des habitants du même monde. C'est un sujet commun de conjecture que de se demander quel plaisir les animaux les moins dotés par la nature peuvent avoir : on peut se poser la même question avec ces barbares »
On comprendra qu'il ne se soit pas poser une question du type de celle de Jared Diamond.


Les spécialistes de ce domaine sont les descendants intellectuels de Darwin. Ils ont systématisé sa pensée et avec la découverte de l'ADN dans les années 1950 ils ont bâti un arbre de vie que seuls les intégristes religieux contestent aujourd'hui avec des arguments d'autorité fondés sur l'ignorance et qu'elle seule protège. 

Aucun d'eux n'affirmera aujourd'hui que l'homme est transcendant aux autres vivants même si un grand nombre d'entre aux n'arrivent pas à abandonner l'idée que l'homme est l'animal le plus complexe grâce à la réflexion qu'ils lient à la complexité de son cerveau – il est vrai que ce cerveau est le plus élaboré - et en affirmant parfois que ce cerveau est la plus belle invention de l'Univers, affirmation qu'il est scientifiquement impossible d'accepter pour la raison que cet Univers est gigantesque et que nous n'en connaitrons jamais qu'une poussière.

Une panne galiléenne

Galilée comme Copernic et un grand nombre de savants de la Renaissance avaient découvert que la Terre tournait autour du Soleil. Mais pourquoi devaient-ils se cacher pour en parler? Pourquoi, certains d'entre eux furent condamnés au bucher? En fait, il y avait dans leurs constatations une subversion totale de la manière dont fonctionnait la société de cette époque. Le fils de Dieu s'était fait homme et il était mort pour racheter tous les humains. Dieu de l'Univers n'avait pu se manifester qu'au centre de l'Univers. Toutes les structures et le fonctionnement des humains en découlaient. Même Galilée du se soumettre.

Nous sommes dans la même situation aujourd'hui. Si nous allons au bout des réflexions de Darwin et des ses descendants, il faut remettre l'humain à sa place, toute sa place – son développement et toutes ses réalisations – et uniquement sa place – il évoluera dans le futur comme ses ancêtres ont évolué pour en arriver à ce qu'il est. Comme à l'époque de la Renaissance où tout le discours religieux contredisait la science astronomique aujourd'hui tout le discours humaniste ( « les hommes ») contredit la science de l'évolution. Galilée a probablement été le déconstructeur du discours religieux le plus efficace. Nous souhaitons contribuer à la déconstruction du discours humaniste grâce à l'éthologie.

B) La déconstruction du discours humaniste.

Le travail est prodigieux car il faut inventer tous les concepts et tous les outils. Comme c'est une science fragile, et qu'elle a vocation à déconstruire toutes les sciences humaines: il n'y a peu d'alliés mais des ennemis en grand nombre.

1° règle:

Tous les vivants sont des JE. Un JE naît, grandit, se reproduit, vieillit et disparaît. Chacun a son génotype original. C'est une unité vivante. Cette unité vivante pense mais elle ne pense pas humain, elle pense son JE.

2° règle:

Tous les vivants ont besoin de ressources de vie. Les besoins de vie de l'humain vont depuis la nourriture jusqu'à tout ce qui fait son environnement et qui est produit par lui. C'est vrai pour les autres animaux pris espèce par espèce et pour les plantes, également.

3° règle:

Tous les JE se reproduisent. Ils ont des besoins de reproduction espèce par espèce. En règle générale, les multicellulaires se reproduisent sexuellement: un ADN haploïde est fournit par une élément femelle et par l'élément mâle et la conception a lieu quand les deux fusionne en un ADN diploïde.

4° règle

L'éthologie concerne tous les vivants.

Tous les vivants ont le même destin bâti autour des mêmes fondements:

  • Le génome est l'organisateur d'une espèce depuis sa naissance lorsque se constitue la première cellule d'un JE jusqu'à sa mort lorsque tout le corps du JE disparaît.
  • Tout au long de sa vie, c'est lui qui maintient son unicité en réparant les atteintes portées par l'environnement soit totalement soit partiellement.
  • Si un animal est blessé, grâce à son ADN, ce qui est blessé sera en général réparé. C'est vrai également pour une plante.

Il y a deux règnes pivots qui se définissent par leur manière d'acquérir des ressources de vie: soit par autotrophie comme les plantes soit par hétérotrophie comme les animaux. Il existe des règnes intermédiaires comme celui des champignons qui sont hétérotrophes sans être des animaux.

Nous nous intéressons pour l'instant à l'éthologie animale qui concerne les animaux car ceux-ci sont doté d'un cerveau et par conséquent mettent en œuvre des déplacements dans l'espace adaptés à chaque espèce, donc des comportements, le terme d'éthologie – science du comportement – leur semble le mieux adapté. Mais chaque plante développe une stratégie de vie que l'on étudie en botanique, d'un point de vue général on pourrait également parler d'éthologie.

5° règle.

Il y a des comportements généraux liés à chaque niveau de la classification.

Prenons un exemple qui nous concerne, celui de l'homo sapiens. Voici les principaux éléments de sa classification.

Règne : animal
Embranchement: chordé
Classe : mammifère
ordre : primate
espèce : homo sapiens


- Le règne, animal, apporte le cerveau. L'éthologie de l'animal décrit toutes les techniques mises en œuvre par les animaux pour trouver leurs ressources de vie et leurs ressources de reproduction qui différent de la manière dont le font les plantes.

- Les chordés ( squelette interne) ouvrent la dimension aux animaux concernés et l'accès à la vie non aquatique car les invertébrés (squelette externe) terrestres ne peuvent dépasser des dimensions réduites sinon ils s'effondreraient sur eux-mêmes au moment de la mue. C'est pour cette raison que les plus gros invertébrés vivent dans les mers. L'éthologie des chordés analysent la mise en œuvre de l'environnement terrestre par opposition aux invertébrés.

- Les mammifères ( porteurs de mamelles) sont l'ouverture vers la relation intime entre la génitrice et son petit car elle le nourrit avec un produit secrété par son corps. L'éthologie des mammifères décrit tous les comportement de sociabilité par opposition aux autres classes animales.

- Les primates grâce à leur séjour prolongé dans les arbres créent la main. L'éthologie des primates décrit le rôle joué par la main par opposition aux autres mammifères.

- Quand à l'humain, il quitte les forêts et pousse la main à son plus fort développement entraînant une hypertrophie du cerveau. L'éthologie des humains décrit la technologie humaine c'est à dire tout ce que les humains mettent en œuvre pour la quête de leurs ressources de vie et de reproduction et qui est différent des primates.


6° règle:

Tous ces acquis sont réalisés par l'évolution des vivants. Les humains dans leur plus extrême humanité sont donc également le produit de l'évolution.

Tout ce qui est fait par l'humain est d'ordre éthologique. Il faut donc remettre en perspective toutes les pensées et toutes les sciences humaines.


C) Quelques orientations concernant l'éthologie des humains.


Orientation 1: les chiffres

L'homo sapiens a environ 200 000 ans. Il y avait environ 150 000 humains à cette époque. Et depuis cette date, on estime qu'il y a eu 106 milliards d'humains. 
Les grandes dates sont liés à sa démographie:
- avec l'apparition de l'agriculture (-11 000 avant aujourd'hui), elle évolue autour de 10 millions d'humains
- avec l'âge du fer ( autour de l'an 3000 AA), elle atteint 300 millions, puis, 1 milliard en 1800 et à partir de 1929 à raison de 1 milliard tous les 20-30 ans environ nous voici à 7 milliards.

Il faut digérer ces chiffres car ils sont le fruit et la cause du succès des humains. Plus il y a d'humains, plus il y a de produits humains mais comme la solidarité et la sociabilité l'emporte de loin sur la guerre et les destructions réciproques, toujours plus d'enfants naissent.


Orientation 2 : Quelle est la limite à cette démographie?

C'est celle des ressources de vie dont les humains ont besoin. Comme tous les vivants, l'espèce humaine considère que tout le non vivant et toutes les espèces non-humaines sont à son service. 
Le non-vivant à la mesure des humains est inépuisable et, une fois la Terre épuisée, qui peut les empêcher de conquérir le système solaire dans un premier temps? On parle d'effet de serre ou de risque nucléaire. C'est vrai, mais des solutions existent qui peuvent être mises en œuvre après de grandes catastrophes. La difficulté vient du fait qu'il faut mobiliser 7 milliards d'humains et non un village.
Les vivants, plantes et animaux, commencent à être épuisé. Des espèces disparaissent de plus en plus rapidement. Le risque se trouve ici. Une fois toute la biodiversité disparue, il n'y aura que les espèces domestiquées qui sont artificiellement maintenues en vie et en nombre très restreint. Qu'éclatent des épidémies touchant tous les bovins – une vache folle à la dimension terrestre – ou toutes les basses cours à cause d'une grippe H1N1 – et des famines feront disparaître des milliards d'humains … Mais il en restera assez pour relevez le flambeau et repeupler la Terre comme les Européens ont pris la relève de Rome ou pour aller habiter en Amazonie comme les descendants des Incas.

En dehors de cet aspect catastrophique, il faut toujours raisonner en tenant compte principalement du nombre des humains. On pourrait dire que s'il y a 11 000 ans, les humains n'utilisent que la pierre polie c'est parce qu'il ne sont que 10 millions et si aujourd'hui, il y a ces mégalopoles complexes c'est parce que nous sommes 7 milliards. Supposons qu'il y ait chez les humains 1% de musiciens experts, sur 10 millions à l'époque néolithique cela fait 100 000 musiciens sur Terre et 70 millions aujourd'hui avec l'augmentation de la complexité que cela entraîne.

Les hominidés ont environ 3 millions d'années d'existence. Ils ont commencé avec un cerveau à 400 grammes et sont devenus sapiens avec un cerveau entre 1000 et 1400 grammes. Le cerveau va-t-il augmenter en complexité ou en poids? Oui, à raison de 1 gramme tous les 3000 ans. Mais ce n'est pas cela qui marquera sa fin.

Orientation 3: Qui pense et qui est sauvage?

Pour l'éthologie, vivre et penser est synonyme. "Je pense donc je suis" est une tautologie car elle revient à dire "je vis donc je vis".

Mais l'homme est-il vraiment un loup affamé pour l'homme comme le dit Hobbes et les humains sont-ils a priori supérieurs aux animaux.

C'est l'évolution qui fait les vivants et elle ne privilégie pas les humains. Quand à la cruauté, cherchons un animal qui utilise la bombe atomique, qui torture avec tant de finesse, qui viole et tue en si grande quantité. C'est la rançon du succès de l'intime liaison entre la main, le cerveau et la sociabilité.

Tous les vivants pensent car ils vivent et tous les vivants sont parfois sauvages car ils ont besoin de ressources de vie et de reproduction. Cela peut les amener à se battre jusqu'à éliminer l'adversaire si c'est nécessaire. Quel pays n'aime pas raconter les succès militaires des ses dirigeants du passé?

Orientation 4: il n'y a pas de progrès.

L'évolution se déroule au niveau du JE. Pour l'éthologie, le concept général de vie n'est pas un concept scientifique. Tous les phénomènes qui concernent un vivant ont lieu chez le JE. Les mutations génétiques sont un phénomène individuel. C'est parce qu'un grand nombre de JE se trouve dans une même situation que les uns sont sélectionnés et non les autres. 

Par ailleurs, il n'y a pas véritablement de notion de temps comme celui que l'on trouve dans les sciences humaines. Par exemple, en histoire tous les humains qui vivent aujourd'hui et toutes leurs œuvres sont modernes alors que les humains qui vivaient il y a 10 000 ainsi que toutes leurs œuvres sont considérés comme archaïques. Il y a bien sûr un avant et un après mais les vivants du passé ne sont ni pires ni meilleurs que ceux d'aujourd'hui. Ils s'adaptent aux situations du moment mais comme ils n'arrivent pas les mains vides puisque dans leur ADN ils portent un grand nombre de choix du passé, l'évolution se fait sur ces acquis.


Orientation 5: Le vivant se rattache au Big Bang.

Il y a 13,7 millions d'années se déroulait le bigbang. Il y a 8 milliards d'années c'était le début du système solaire et il y a 3 milliards d'années l'apparition des premières cellules vivantes sur Terre. 

L'évolution se déroule à tous les niveaux mais selon une périodisation différente. Selon les besoins, on parle en milliards d'années, en millions, en milliers ou en unités.  

Mais c'est au même déroulement que l'on assiste chez les vivants. Les vivants nouvellement conçus d'une espèce se trouvent face à des enjeux de sélection liés à l'état de l'univers, à l'état des toutes les autres espèces vivantes et à celui de l'espèce à laquelle ils appartiennent. La progression n'est que le résultat de la sélection à un moment donné. Par exemple la progression des vivants reprend l'organisation pyramidale de la classification: apparition de la cellule eucaryote qui « invente » l'ADN, apparition du cerveau qui apporte deux solutions stables chez les vivants à la quête des ressources de vie et à celles de la reproduction et séparent les animaux des plantes. Et ainsi de suite comme nous en avons déjà parlé précédemment. Il y a donc toujours une situation avant et une situation après la sélection et la situation qui suit se construit sur l'étape précédente. 

Orientation 6: chez les humains il y a également progression mais pas de progrès.  

Cela est valable pour l'homo sapiens. Depuis sa spéciation, il y a eu environ 106 milliards de JE humains. Et aucun n'est meilleur ni pire que l'autre. Parti des 150 000 vivants vers 200 000 avant aujourd'hui, il y a eu – si l'on compte qu'une génération dure 20 ans – 10 000 étapes qui ont vu son succès progresser d'abord lentement puis s'accélérer il y a 2 000 ans pour aboutir au 7 milliards de JE humains actuels. Qui oserait dire qu'une des dix mille générations est meilleure ou pire que l'autre puisque chacune a du affronter la sélection et ce au niveau individuel en fonction de son passé immédiat pour bâtir une nouvelle solution sur laquelle la génération suivante s'est appuyé pour l'emporter et continuer à vivre. Les 106 milliards de JE humains sont d'égale valeur et d'égale importance.

Avec 150 000 JE répandus sur toute l'Afrique, il était impossible de créer des villes et des états. Mais la sociabilité qui est un atout de l'homo sapiens, a toujours favorisé le groupe aux dépends de la solution individuelle. Les humains « inventent » le travail qui est une manière collective d'acquérir les ressources de vie selon les configuration que nous connaissons aujourd'hui. Ils « inventent » le couple monogamique voire polygamique éternel dans le cadre de la quête des ressources de reproduction . Au fur et à mesure où le succès est au rendez-vous, il y a de plus en plus de naissances, donc des groupes de plus en plus grands. Ils « inventent » également l'état depuis le groupe avec chef en passant par les tribus, les hordes, les clans et enfin les états. Et la lutte pour les ressources devient alors guerre. Du plus petit groupe d'il y a 10 000 ans jusqu'au quasi état Terre d'aujourd'hui, on retrouve les mêmes ingrédients: plus la sociabilité l'emporte et plus la division des rôles depuis les personnages les plus puissants jusqu'au plus démunis permet aux humains d'augmenter en nombre, signe exclusif de son succès. Il suffit pourtant de se rappeler que les mammifères ne se sont développés que parce que les dinosaures ont été éliminés et donc que sans cette catastrophe, nous n'existerions pas pour comprendre que ce que nous écrivons ici n'est absolument pas anthropocentrique contrairement à toutes les sciences humaines. C'est pour cette raison que nous affirmons que l'éthologie n'est pas une science humaine même si elle reprend des faits traités par celles-ci.

Et ce qui est remarquable en éthologie, c'est qu'elle est capable de montrer que chaque vivant vit une aventure unique: celle de naître, de subir et assumer la sélection naturelle qui se déroule au jour le jour en recherchant ses ressources de vie et de reproduction et dedisparître soit de vieillesse soit d'une défaite face à la sélection. Cela est vrai pour les 106 milliards d'humains ayant jamais existé, de tous les JE animaux et de tous les JE végétaux et de bien d'autres vivants que nous avons laissé de côté afin de ne pas alourdir notre exposé.
 
 
 

NB: Bribe et "166 soudards": le langage de la bribe n'est pas un langage polémique ou qui prend parti. C'est une citation qui montre comment les humains ( sciences humaines: victoire des Européens sur les Indiens) parlent de la concurrence (éthologie: tous les vivants sont en concurrence pacifique ou cruelle). Dès qu'il y a des guerres, il y a des soudards. Le "soudard" fait partie de l'histoire qui est uns science humaine mais non de l'éthologie qui ne porte pas de jugement de valeur.


copyright GS - 20/12/08
 

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